France

Lundi 5 janvier 2009

Les communistes de Port de Bouc, réunis en Conférence de Section ce 22 Novembre 2008, entendent affirmer un certain nombre de principes et valeurs fondamentaux, constitutifs de notre identité, issus de notre histoire et ciment de nos luttes passées, présentes et à venir. Cette déclaration s’adresse à tous les militants communistes, à toutes les directions du Parti, sortantes et à venir.


Nous assumons toute notre histoire, tout notre passé. Nous sommes fiers des grandes avancées sociales et démocratiques que nous avons impulsées, et qui, pour la plupart, sont scellées du sang de nos camarades. Nous assumons tout notre passé et nous savons en tirer tous les enseignements avec lucidité.


Nous réaffirmons notre attachement indéfectible à notre nom de Communiste. Un nom qui se suffit à lui-même et n’a besoin d’aucun autre qualificatif, tant il contient à lui tout seul l’essentiel de nos valeurs, de nos objectifs, des moyens pour y parvenir. Le dénaturer nous anéantirait et anéantirait le sens, l’objet et la finalité de notre combat.


Nous réaffirmons que la lutte de classes est et demeure, le moteur de l’histoire de nos sociétés. L’actualité récente montre, s’il est besoin, toute la validité et la pertinence de cette notion. A l’heure où nous voyons se dérouler un affrontement de classe de plus en plus violent, entre une classe de salariés de plus ne plus nombreuse et une classe capitaliste de plus en plus puissante et riche, nous affirmons qu’il ne peut y avoir d’intérêts conciliables entre une minorité d’exploiteurs et la masse des exploités qu’ils en aient conscience ou pas.

Nous affirmons qu’aucune avancée sociale, démocratique ou révolutionnaire ne peut se fonder sur un compromis avec le Capital et ceux qui le cautionnent, participent activement ou s’accommodent de l’exploitation capitaliste. Nous réaffirmons fonder notre raison d’être et le sens de notre combat pour et par l’union et le rassemblement de tous les travailleurs manuels et intellectuels, de toutes celles et tous ceux qui n’ont d’autre richesse, que leur force de travail.


Parce que l’économie doit être au seul service du développement humain, nous réaffirmons que notre projet de société ne peut se résoudre à un capitalisme édulcoré, adouci, à visage prétendument humain.


Nous réaffirmons que le but de notre combat est l’avènement d’une société sans classes, permettant l’épanouissement de chacun, et donc de tous, faisant entrer dans la réalité, et dans tous les domaines, les notions de liberté, de justice sociale, d’égalité et de solidarité et de fraternité et ; une société dans laquelle seront abolies l’économie de marché et l’exploitation de l’homme par l’homme ; une société véritablement démocratique fondée sur l’appropriation sociale des grands moyens de productions, d’échanges et d’informations.


Nous réaffirmons notre attachement à l’internationalisme des travailleurs et des exploités, garant d’un véritable anti-racisme, solidaire des hommes et des peuples luttant pour leur émancipation, et alternative moderne à la mondialisation capitaliste.


Nous réaffirmons que seul le Communisme, parce qu’il est respectueux de l’Homme, peut permettre un développement respectueux de l’Humanité, de la Nature et de ses ressources.


Nous réaffirmons que le Communisme est à la fois le but et le moyen d’un Humanisme intégral. Le but, car le Communisme se donne comme objectif final la libération et l’émancipation de chaque être humain en exaltant les valeurs de solidarité, de partage et de fraternité. Le moyen, car la tolérance et le respect mutuel, l’écoute, l’égalité des droits et devoirs, l’ouverture des cœurs et des esprits, le respect de la souveraineté populaire sont au cœur des pratiques politiques quotidiennes des Communistes.


Nous réaffirmons que seuls les Peuples font l’Histoire. Aussi, nous réaffirmons que le Parti Communiste, fidèle à ses valeurs fondatrices, et toujours d’une brûlante actualité, n’a d’autres tâches que de rassembler largement toutes celles et ceux qui ont un intérêt objectif à changer cette société et gagner leur dignité d’être humain. Ce rassemblement nécessite que nous sachions, sans rien renier de notre identité, de nos valeurs et de nos principes, nous ouvrir à toutes celles et ceux que nous appelons à se libérer de la domination capitaliste sans préjugés, sans a priori, sans faiblesse ni compromission, mais bien dans la tolérance et le respect mutuel.

Car c’est en Commun, que vivra un Communisme qui mérite ce nom.


Nous appelons tous les Communistes à écrire le Manifeste du Parti Communiste du 3ème millénaire.

Par Yvan
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Mardi 16 décembre 2008
Ca faisait un petit bout de temps que je n'avais pas pris le temps de venir faire un petit tour sur mon blog, mais bon, j'ai d'autres passions dans la vie et, aussi, j'étais un peu dans l'expectative. Comme bon nombre de communistes français, j'attendais de voir ce qui aller sortir de l'oeuf, non que je me fasse quelque illusion quant au dénouement d'un congré dont le déroulement était écrit par avance, mais bon... je suis utopiste malgré tout et sait-on jamais... une prise de conscience soudaine de quelques camarades des dérives socio-démocrates du PCF.

Bref, je rêve. Je n'y peux rien, je suis communiste.

Mais la réalité est bien là. Et elle ne correspond pas, loin s'en faut, avec ce que j'espérais comme évolution; mais là encore, il ne fallait pas en demander trop non plus.

C'est donc sans illusion sur la suite des énvènements que je m'essaye à un petit bilan de ce que j'ai pu observer, lire et entendre.

Ce congré fut donc un moment historique pour notre parti! Il devait être l'occasion de nous relancer, de faire éclater au grand jour notre unité! Il a surtout été l'occasion du plus grand silence médiatique de notre histoire. Certes, les média ont bien essayé, avant l'échéance, de faire du sensationnel en parlant d'une possible explosion du PCF suite à de nombreuses divergences et quelques coups d'éclat a priori sans lendemain comme celui de Robert Hue (qui au passage ne devrait pas tant s'embêter à créer son parti, mais au vu de ses positions celui de Mélenchon devrait amplement suffire - ah! j'oubliais : il n'en serait pas le chef, et là ça pose problème). Seulement voilà, ils ont eu le nez fin et ont perçu que ce congré ne verait pas de grand bouleversements et ont replacé le PC là où est sa place aujourd'hui, dans les annecdotes sans importance.

Que voulez-vous, tout était quand même bien préparé. Une fois de plus, la démocratie n'a pas vraiment fonctionné à plein dans nos instances. Alors que nous revendiquons, et avec la plus totale légitimité, une dose de proportionnelle lors des scrutins tels les législatives, nous nous montrons incapables (et c'est bien parce que je n'ai pas envie d'être médisant) de l'appliquer chez nous. Il y avait en effet bien peu de délégués choisis parmis les opposants au texte de base. Les fédérations ont été bien dociles : on accepte d'envoyer siéger quelques voix divergentes pour la forme, mais pas question de penser à respecter scrupuleusement la moindre représentativité dans ces choix. Il n'y a qu'à prendre pour exemple la ville de Miramas (je ne fais pas de fixation, c'est seulement que c'est celle que je connais le mieux) : alors que 40% des camarades avaient exprimé un avis contraire (voire fanchement hostile) au texte de base, nos représentants (titulaire et suppléant) ont tout deux été choisis dans le bon camp, intronisé lors du congré fédéral, répétition générale de la comédie qui allait se dérouler place du Colonel Fabien.

C'est donc sans aucune surprise que le PCF s'est doté d'une direction collégiale, soit disant pour mieux répondre aux exigences du moment, s'ancrer dans la modernité et la démocratie... J'en oublie certainement au passage, mais il est des blagues qui, à force, ne font plus rire. D'autant plus que la photo de famille est belle : pas une tête ne dépasse, et lors des grands repas, nul doute que personne n'ira froisser la matriarche.
En gros, le seul tremblement de terre qui est eu lieu se voit sur l'échelle de Richter de l'indifférence, pour ce qui est du changement il faudra attendre.

Marie-George Buffet reste secrétaire nationale, choisissant d'ignorer l'avis clairement exprimé par les Français lors des dernières élections présidentielles, rejettant non pas l'idée communiste (il n'y a qu'à se rappeler du score d'Olivier Besancenot) mais le PCF, dans son mode de fonctionnement et son éloignement flagrant d'avec ce qu'il devrait être et faire.

Quoi qu'il en soit, même si le PC n'est pas mort, il reste bien mal en point et n'a pas forcément appelé les bons médecins à son chevet.

Par Yvan
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Dimanche 14 septembre 2008
Depuis le temps qu'on s'en doutait, Sarkozy 1er s'attaque aujourd'hui à un des fondements essentiels de notre République : la laïcité. Pour l'occasion, il n'hésite pas à s'allier avec le très progressiste chef de la très progressiste église catholique.
N'y voyez là aucune expression d'un athéisme extrême, seulement la constatation de faits : condamnation de l'homosexualité, interdiction de l'utilisation du préservatif, célibat forcé et forcené des prêtres (avec toutes les conséquences que l'on connaît), discours ouvertement hostiles à l'Islam... Bref n'en jetez plus, le compte y est. Pourtant certains esprits (tout aussi ouverts que celui de notre vénéré Joseph - à croire que les prénoms ont réellement une influence sur les hommes) considèrent le nouveau pape comme un pape libéral. Rendez-vous compte, il a à nouveau autorisé la messe en latin!
Bref, c'est donc cet homme de progrès, partisan de la modernité, que notre vénéré président (je n'ose plus le critiquer de peur d'être l'objet d'un dépôt de plainte de la part du locataire de l'Elysée) a choisi comme allié dans sa croisade pour la "Laïcité positive".
Quelle belle formulation pour une idéologie qui, sous des parures de modernité et d'oecuménisme, n'a d'autre but que de mettre à bas ladite laïcité.
En effet, si l'on prend le temps de lire entre les lignes on s'apperçoit vite qu'on a, une fois de plus, affaire à un sacré chantier!
La laïcité ne relève ni du sacré, ni de l'athée. Elle ne prône aucune attitude envers la/les religions; les renvoyant dans le domaine stricte de la vie privée. Elle ne préconise en rien l'abandon de la religion et est la seule formule possible qui permette aux différentes croyances de coexister sans qu'aucun heurt ne puisse survenir.
La laïcité dite positive donne elle à nouveau une place officielle à la religion. Alors qu'il a fallu des siècles pour que les affaires de la cité ne se sonfondent plus avec les affaires religieuses, pour séparer le profane du sacré, voila que Sarkozy mélange ses convictions religieuses personnelles avec les affaires de l'Etat. Sous prétexte que la laïcité peut mener au fanatisme. Si ce n'est là de l'hypocrisie, cela relève alors de la méconnaissance totale de la situation internationale. Déjà, il y a peu lors d'un voyage au Moyen Orient il avait osé tenir des propos religieux en évoquant le Dieu transcendant lorsqu'il n'est qu'hypothèse dans le cadre d'un voyage officiel, dans un discours officiel,bafouant ainsi ses fonctions de Président de la République.
Il faut y voir également l'influence des idées ultra libérales des républicains d'outre atlantique, jamais en retard d'une bondieuserie pour excommunier l'autres et l'accuser de tous les maux.
Bref, c'est un retour des curés aux affaires qui se prépare. D'autant plus que Raffarin a déjà annoncé qu'il fallait revoir la loi de 1905, celle là même qui assure à tous une totale liberté de conscience.
Quand je vois à quoi ressemble la modernité de Sarkozy, je trouve qu'elle a un sale goût de rance.
Par Yvan
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Mardi 24 juin 2008
Cette année, au mois de décembre, le PCF va jouer une partie importante pour son avenir. A l'occasion de son congrès il va devoir choisir entre deux options qui vont décider de sa survie ou de sa disparition, choisir entre une droitisation, déjà entammée depuis quelques années mais qui n'est pas irrémédiable, ou retourner vers des bases plus radicales, plus en accord avec les fondements du communisme.

L'un des enjeux de ce choix sera les alliances électorales. Continuerons-nous à servir d'alibi de gauche à un parti socialiste qui s'est converti au libéralisme dans l'allégresse la plus totale (et peu importe qui sera le nouveau patron du PS, une chose est certaine c'est que le rose sera bien pâle)? Ou bien auront nous le courage de tourner le dos à cette histoire faite de compromissions et d'espoirs déçus et nous tournerons nous vers les autres partenaires de gauche, politique et associatifs?

En termes de personnes cela revient à choisir entre une Marie-George Buffet, à qui on ne peut nier son intégrité mais qui ne semble pas vouloir durcir la ligne, et André Gérin, représentant d'une volonté de tourner une page ouverte avec le programme commun.

Pour ma part, le choix est déjà fait.

Rester sur la dynamique qui est actuellement la nôtre, c'est nous condamner à être phagocytés à très court terme par le PS.

Certains argueront que tourner le dos au PS et refuser de jouer le rôle de bonne conscience nous priverait de beaucoup d'élus. Rien n'est moins sûr!

Combien de camarades votent aujourd'hui pour la LCR, qui a elle gagné une image de parti réellement à gauche et porteur de propositions d'avenir, ou ont choisi de se réfugier dans l'abstention? Ces camarades là, il nous appartient de les regagner et de les accueillir à nouveau, de travailler avec eux.

Cette situation, observable à l'échelle nationale, se vérifie aussi chez nous, à Miramas. Combien de camarades sont partis, lassés de voir le parti stagner faute de volonté de changement et de régénération? La situation actuelle ne fait qu'aggraver les choses et a permis la victoire de Vigouroux lors des dernières municipales.

Le Parti Communiste est malade de la main mise d'une vieille garde qui, sous l'apparat d'un discours progressiste, a mis le couvercle sur le parti pour briser toute tentative d'évolution et de modernisation, empêche le parti d'évoluer pour conserver non pas un parti fort mais des mandats, défendant ainsi non l'intérêt de tous, mais des intérêts personnels.

Il faut que, à nouveau, le Parti Communiste soit le hérault du peuple de France, qu'il soit le porteur d'inovation et d'espoir, quitte à être durement sanctionné par des socialistes qui n'ont de gauche qu'une vague étiquette trompeuse et périmée.

Le choix de la rupture nous amenera sans doute à connaître des moments difficiles, tant les sociaux-libéraux qui furent des alliés (mais jamais des amis) voudront réduire toute opposition à l'établissement du bipartisme. Mais choisir de rester dans le sillage d'un parti qui a renié tout son héritage au nom d'une prétendue modernité nous aménera à disparaître car nous aurons nous aussi trahi.
Par Yvan
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Mardi 22 avril 2008
Après l'échec de leur tentative de l'année 2005, les chantres du colonialisme reviennent à l'attaque. Rappelons que la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, déposée par l'aile la plus réactionnaire de l'UMP et soutenue par l'ensemble de cette dormation,  voulait instaurer une vision positive de cette période en construisant une histoire officielle :

"Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit."

La levée de boucliers fut telle que la droite du faire marche arrière et accepter, du moins temporairement, de laisser les historiens écrire eux même l'histoire, non pas en fonction d'une quelconque idéologie politique, mais au vu des faits réels et constatés.

Nicolas Sarkozy multiplie, en effet,les allusions à un glorieux passé colonial. Il ne s'arrête d'ailleurs pas à cette seule période. C'est toute l'histoire de France qu'il voudrait voire réécrite dans un esprit de glorification d'un hypothétique génie national. C'est dans ce sens qu'il faut interpréter sa futile et vaine tentative de faire célébrer la mémoire de Guy Moquet dans les établissements scolaires du Second degré. C'est également cette idée qui anime Sarkozy quand il considère que la France n'a aucune excuse à faire quant au rôle de l'Etat pendant cette période. C'est encore le même objectif qui le pousse à vouloir créer une Fondation pour la mémoire sur la guerre d'Algérie.

Glorifier le passé colonial de la France est un acte profondément politique. D'une part, cela constitue un message très fort à l'attention des anciens combattants, qu'ils soient d'Indochine ou du Viet-nam, généralement proches de l'extrême droite. D'autre part, une telle réécriture permettrait de dédouaner la France et le système capitaliste des déséquilibres extrêmes que connaît notre planète.

Si on prend le temps de comparer la carte des empire coloniaux au moment de leur extension maximale



et la carte de l'IDH

on ne peut qu'être troublé par l'étrange concordance qui se dégage entre les régions colonisées et les régions les plus pauvres du globe.

En effet, la colonisation n'a jamais été une oeuvre de civilisation, plutôt un service rendu aux capitalistes de l'époque : accès à coûts réduits à de nouvelles sources de matières premières et à de nouveaux marchés, confiscation de vastes étendues de terre, éradication des cultures vivrières au profit des cultures coloniales destinées à l'exportation, mais surtout pas d'industrialisation, de politique concrète de scolarisation. Les peuples colonisés, les "indigènes" n'ont jamais été considérés par les conquérants européens comme leurs égaux, mais comme de la main d'oeuvre gratuite, des esclaves qui ne disent pas leur nom.
C'est l'impérialisme outrancier qui a assuré le développement du modèle capitaliste, l'UMP lui rend aujourd'hui hommage.
Ce qui aujourd'hui rend cette vision du monde encore plus révoltante, est l'attitude de Sarkozy à l'occasion de la mort d'Aimé Césaire, lui qui a passé sa vie à combattre le colonialisme, qui avait refusé de recevoir Sarkozy au nom de la dignité humaine. Rendre hommage à ce grand homme tout en chérissant ce que celui-ci haïssait le plus, le cynisme de Sarkozy est simplement écoeurant.
Par Yvan
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Jeudi 10 avril 2008
C'est un refrain qui revient à chaque élection : "Il faut faire l'union à gauche!"

Une union à gauche? Avec qui? comment? et pour faire quoi?

Qu'est-ce qu'être de gauche aujourd'hui? Tout dépend du point d'où l'on part mais les médias jouent un rôle assez trouble dans cette histoire. A les écouter, il n'y aurait plus qu'un seul parti à gauche, le Parti Socialiste, entouré de groupuscules plus ou moins extrémistes. Il est bien évident que ma position ne peut rejoindre celle des serviteurs zélés du  pouvoir boursier.

Être de gauche, ce n'est pas seulement être affilié à un groupe qui se situe traditionnellement à la gauche du Président de l'Assemblée nationale dans l'hémicycle. C'est avant tout défendre des valeurs très fortes, promouvoir la dignité humaine et refuser l'asservissement aux forces de la finance.

C'est refuser le système capitaliste qui nous étouffe et se battre pour que les principes fondateurs de notre République soient réellement appliqués. Car il y a une profonde différence entre "Liberté" et "libéralisme", entre  l'Egalité et la société à plusieurs vitesses qui se met en place de façon insidieuse et entre les valeurs de Fraternité et le "chacun pour soi" qui sert d'étalon à chaque prise de décision. En bref, on ne peut être de gauche sans rejeter radicalement le libéralisme.

Pourtant les Socialistes, loin de rejeter cette situation, avoue à demi-mots qu'on ne peut guère faire autrement, qu'il faut bien s'en accomoder. Jaurès s'en retournerait dans sa tombe, si cela était possible.

Classer de façon systématique et inconditionnelle le PS à gauche est plus qu'hasardeux. Et ce ne sont pas ses agissements récents (alliances avec le MODEM, candidats localement soutenus par l'UMP, volonté de prendre d'assaut les "fiefs" communistes, etc.) qui peuvent démontrer le contraire.

Le Parti Communiste doit changer d'horizon et accepter le fait que le paysage politique en France a énormément changé depuis une quinzaine d'années.

Nous devrions davantage discuter avec nos camarades de la LCR, avec ceux qui sont tentés par l'aventure du Nouveau Parti Anticapitaliste, nous ouvrir encore plus à tous ceux qui rejettent réellement le monde tel qu'il est.

Et puis, cette union à gauche ne serait-elle pas un leurre? Je veux dire, loin d'être une garantie quant aux positions que défendront les élus, ne serait-ce pas une manoeuvre pour tout amalgamer et ne prétendre au bout du compte qu'au pouvoir sans donner de réel contenu au programme mis en place? Pourquoi cet empressement à faire l'union des partis de gauche dès le premier tour des élections? Ne vaut-il pas mieux laisser les Français faire réellement des choix au premier tour, les laisser établir un véritable panorama du paysage politique avant que de décider de la répartition des postes et candidatures?

A force de partir en campagne avec les Socialistes sans présenter de candidats en notre nom, nous avons donné aux électeurs l'habitude de chercher les bulletins estampillés PS! Il serait grand temps de revoir cette manie de partir battus d'avance, d'accepter l'idée que le "vote utile" est une réalité. Le seul et véritable vote utile, c'est celui qui permet à chacun de dire ce qu'il pense réellement et non d'opter pour un candidat ou une liste par défaut.

Vient enfin la question de l'utilité de cette union. Certes, elle permet de gagner les élections. Mais est-ce une fin en soi? Si faire l'union de la gauche revient à créer des "Gauches plurielles bis", il vaut mieux perdre! Quel intérêt de faire l'union si ce n'est que pour servir de bonne conscience de gauche?
L'union doit se faire non sur des idées a minima, mais sur le plus grand dénominateur commun!

Est-ce à dire que je pense que toute union avec les Socialistes est à rejeter? Bien évidemment la réponse est non.

Il faut sérieusement revoir notre copie, revoir nos méthodes et imposer un vrai débat à gauche, avec toute la gauche.

Par Yvan
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