Mardi 22 avril 2008
Après l'échec de leur tentative de l'année 2005, les chantres du colonialisme reviennent à l'attaque. Rappelons que la loi
n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur
des Français rapatriés, déposée par l'aile la plus réactionnaire de l'UMP et soutenue par
l'ensemble de cette dormation, voulait instaurer une vision positive de cette période en construisant une histoire officielle :
"Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit."
La levée de boucliers fut telle que la droite du faire marche arrière et accepter, du moins temporairement, de laisser les historiens écrire eux même l'histoire, non pas en fonction d'une quelconque idéologie politique, mais au vu des faits réels et constatés.
Nicolas Sarkozy multiplie, en effet,les allusions à un glorieux passé colonial. Il ne s'arrête d'ailleurs pas à cette seule période. C'est toute l'histoire de France qu'il voudrait voire réécrite dans un esprit de glorification d'un hypothétique génie national. C'est dans ce sens qu'il faut interpréter sa futile et vaine tentative de faire célébrer la mémoire de Guy Moquet dans les établissements scolaires du Second degré. C'est également cette idée qui anime Sarkozy quand il considère que la France n'a aucune excuse à faire quant au rôle de l'Etat pendant cette période. C'est encore le même objectif qui le pousse à vouloir créer une Fondation pour la mémoire sur la guerre d'Algérie.
Glorifier le passé colonial de la France est un acte profondément politique. D'une part, cela constitue un message très fort à l'attention des anciens combattants, qu'ils soient d'Indochine ou du Viet-nam, généralement proches de l'extrême droite. D'autre part, une telle réécriture permettrait de dédouaner la France et le système capitaliste des déséquilibres extrêmes que connaît notre planète.
Si on prend le temps de comparer la carte des empire coloniaux au moment de leur extension maximale
et la carte de l'IDH
on ne peut qu'être troublé par l'étrange concordance qui se dégage entre les régions colonisées et les régions les plus pauvres du globe.
En effet, la colonisation n'a jamais été une oeuvre de civilisation, plutôt un service rendu aux capitalistes de l'époque : accès à coûts réduits à de nouvelles sources de matières premières et à de nouveaux marchés, confiscation de vastes étendues de terre, éradication des cultures vivrières au profit des cultures coloniales destinées à l'exportation, mais surtout pas d'industrialisation, de politique concrète de scolarisation. Les peuples colonisés, les "indigènes" n'ont jamais été considérés par les conquérants européens comme leurs égaux, mais comme de la main d'oeuvre gratuite, des esclaves qui ne disent pas leur nom.
C'est l'impérialisme outrancier qui a assuré le développement du modèle capitaliste, l'UMP lui rend aujourd'hui hommage.
Ce qui aujourd'hui rend cette vision du monde encore plus révoltante, est l'attitude de Sarkozy à l'occasion de la mort d'Aimé Césaire, lui qui a passé sa vie à combattre le colonialisme, qui avait refusé de recevoir Sarkozy au nom de la dignité humaine. Rendre hommage à ce grand homme tout en chérissant ce que celui-ci haïssait le plus, le cynisme de Sarkozy est simplement écoeurant.
par Yvan
publié dans :
France
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